29.07.2009
Rencontre avec les militants du Sud – débat animé par Sébastien Folin
Les associations font preuve d’une énergie hors du commun pour s’engager dans la prévention et la lutte contre le sida.
Sur le Forum des Solidays, lieu d’échanges et d’information pendant toute la durée du festival, la parole est donnée à des représentants de ces associations pour qu’ils témoignent, une belle opportunité pour eux de faire passer leurs messages !
Première partie du débat : présentation des associations (durée : 17'34)
Yves de l’association Alternatives Cameroun - lutte pour les droits des minorités LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transexuels et intersexes)
Yves nous rappelle que le terme « Homo » n’est pas utilisé partout et pas de la même façon. En effet, certaines personnes ne se reconnaissent pas sous ce terme, notamment celles qui ont des relations homosexuelles seulement de temps à autre. Celles-ci sont appelées les « Men who have sex with men » ou, en français, les « Hommes qui Ont des Relations Sexuelles avec des Hommes », souvent abrégée en HSH. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ne se considèrent pas gays ni bisexuels. Ils sont souvent mariés, surtout là où il existe une législation discriminatoire ou une stigmatisation des relations sexuelles entre hommes. Le tabou sur ce genre de relations fait souvent que les partenaires féminines de ces hommes ne sont pas conscientes des autres liaisons de leurs partenaires et du danger que ces liaisons représentent pour elles-mêmes.
On estime que les rapports sexuels entre hommes sont responsables de 5% à 10% de l’ensemble des infections à VIH dans le monde, même si cette proportion varie beaucoup d’un pays à un autre. C’est le principal mode de transmission dans une grande partie des pays développés. Parmi les nombreux facteurs qui contribuent à cette situation, on compte le déni au niveau des communautés et de la société, la stigmatisation et la discrimination, ainsi que les violations des droits de l’homme.
Il faut savoir que le Cameroun condamne les personnes ayant eu des rapports homosexuels ou prises en flagrant délit d’actes de nature homosexuelle. Celles-ci risquent 6 mois à 5 ans de prison, parfois sur simple dénonciation ou calomnies. Plusieurs dizaines de pays criminalisent l’homosexualité, voire la condamne à mort. La vulnérabilité à l’égard des infections à VIH s’accroît là où les rapports sexuels entre hommes tombent sous le coup de la loi, puisque ces hommes sont tenus à l’écart ou, par crainte, s’excluent eux-mêmes des agences chargées des programmes de santé et bien-être sexuels.
Les associations camerounaises qui tentent d’aider et de faire de la prévention auprès de ces personnes à risques ne sont pas subventionnées par l’Etat camerounais et doivent souvent chercher des fonds auprès d’organisation internationales. Or, pour aider une population en quête d’identité sexuelle, souvent très pauvre et ignorante, les pouvoirs publics doivent aussi avoir un rôle à jouer.
Penda, Présidente du Centre Solidarité Action Sociale de Bouaké en Côte d’Ivoire
Penda souhaite insister sur le problème du patriarcat en Afrique : bien qu’on observe partout en Afrique, et en particulier dans les villes, des progrès dans leur scolarisation, leurs pratiques contraceptives et leur accès à l’emploi et aux revenus, les femmes sont toujours victimes de multiples discriminations par rapport aux hommes et sont stigmatisées. D’où leurs difficultés à s’exprimer et à témoigner de leur séropositivité. Les réseaux d’entraide et les centres d’accueil tels que le Centre SAS accompagnent ces femmes pour les amener à sortir de leur isolement et à prendre des responsabilités. L’accompagnement se fait au quotidien : prévention, appui social, suivi médical et discussions pour mettre fin aux blocages psychologiques font déjà beaucoup avancer les choses.
Seconde partie : les hommes, les femmes et le Sida en Afrique (durée : 9'58)
Roger, Président de l'association Dounia Solidarité au Burkina Faso
Roger insiste sur la sensibilisation de la classe politique : le plaidoyer est essentiel pour faire changer les lois, même auprès des organisations internationales et des Etats étrangers, et pour impliquer les autorités dans la prise en charge des populations atteintes par le VIH.
Cela passe aussi par les citoyens français pour faire en sorte que l’aide au développement soit distribuée de manière efficace aux pays qui luttent véritablement contre ce fléau.
Troisième partie : témoignage sur le situation au Congo, le Sida comme arme de guerre (durée : 12'38)
13:40 Publié dans Solidays | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sud, prévention, sensibilisation, vih, sida, solidays, témoignage
24.07.2009
Entretien avec Karine et Paisan - association TTAG, Thaïlande
Dans cet entretien Karine revient sur la création du Thai Treatment Action Group par Paisan et elle-même à Bangkok en Thaïlande.
TTAG est une association de personnes vivant avec le VIH qui travaille principalement à destination de populations stigmatisées comme les usagers de drogues par injection et les prisonniers.
Le contexte de la Thaïlande rend encore plus difficile le travail de prévention auprès de populations criminalisées et stigmatisées pour leurs pratiques. Par exemple, il n'existe pas de programme d'échanges de seringues. Quand on sait toutes les difficultées rencontrées pour mettre en place ce type de programme dans des pays comme la France, on imagine les difficultées recontrées dans un pays comme la Thailande.
Dans cet entretien, Karine détaille les activités de l'association TTAG, l'utilisation de moyens de communication et la pratique d'internet dans leurs activités. Karine explique notamment pourquoi TTAG dispose de deux sites internet :
- un site de présentation de l'association, en anglais, destiné à un public international de bailleurs, d'associations, d'internautes non Thaï intéréssés par ses questions, de groupes d'activistes. Le site propose les publications de TTAG, les événements, le matériel pour le plaidoyer.
- un site en Thaï, à destination des bénéficiaires de programmes, collaboratif, sur lequel les membres de l'association peuvent s'exprimer librement et devenir auteur de films courts sur les conditions de vie des malades en Thaïlande. Sur ce point, TTAG intervient pour former les bénéficiaires à la prise en main des outils vidéos de prise de vue et de montage de films.
Pour compléter cette présentation, regarder la prise de parole de Karine sur la grande scène de Solidays en juin 2009.
11:32 Publié dans Interview vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sida, hiv, témoignage, association, vih, thailande, bangkok, groupes à rique, solidays 2009, solidarité sida






